Homélie – Laisse le Christ être sauveur !

Homélie – Laisse le Christ être sauveur !

6 mai 2015

Laisse le Christ être sauveur !

La question de la circoncision des chrétiens d’origine non-juive (cf. Ac 15, 1ss.) n’est pas seulement anecdotique mais touche un point essentiel de la foi. Car ceux qui la réclament, comme le respect d’autres prescriptions de la loi de Moïse, en font une condition pour être sauvé. Comme Paul le soulignera dans ses lettres, cela reviendrait toutefois à réduire à néant la Croix du Christ : si je suis sauvé par mes bonnes œuvres et le respect de la loi, alors je n’ai plus besoin d’être sauvé par Jésus-Christ ! Mais c’est Jésus qui est le seul sauveur et libérateur ! Et ce salut, il me le donne par pure grâce, comme un cadeau. A moi de l’accueillir avec foi et confiance, en accueillant sa Parole, pour rester bien attaché à lui, la vraie vigne du salut.

Ainsi, en obligeant à la circoncision, ses adeptes dénient non seulement le salut par Jésus seul mais dressent aussi un obstacle à ceux qui ont besoin du salut et de la libération donnée par Jésus sur la Croix. Ceci est très important pour l’évangélisation. Car évangéliser, c’est d’abord mettre en contact avec Jésus, avec son enseignement, avec l’Evangile, dans la confiance que cet Evangile est capable de purifier et de changer une vie. En cherchant avant tout à imposer une morale, si belle soit-elle, sans ce lien avec Jésus, nous sommes encore dans cette attitude qui fait du salut notre affaire à nous et non pas un don de Jésus à accueillir dans la foi. C’est un manque de confiance dans la force de l’Evangile et du Christ sauveur, capable, dans sa miséricorde, de convertir les cœurs les plus rebelles.

Il est important donc, dans notre évangélisation, de ne pas rabâcher sans cesse un discours moralisant et formaliste, mais de permettre à nos contemporains de faire la rencontre avec le Christ et son Evangile, sans y mettre d’obstacle. Bien sûr, cette évangélisation est exigeante. Car, comme aime à le souligner le pape François, elle impose à l’Eglise de se transformer en hôpital de campagne, avec pour seul moyen de guérison des cœurs la miséricorde. Il ne suffit donc pas de distribuer quelques flyers sur la place Flagey, mais bien de manifester cette miséricorde par notre accueil, notre bienveillance, notre écoute, notre solidarité concrète, notre transparence à l’Evangile, nos célébrations chaleureuses… Les fruits surabondants seront alors au rendez-vous.

Abbé Luc Terlinden

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