Homélie – L’humilité du oui

Homélie – L’humilité du oui

25 mars 2015

Annonciation du Seigneurs

Quelle est la différence entre le roi Acaz et Marie ? Ne sont-ils pas tous les deux des modèles d’humilité ? Marie, l’humble servante du Seigneur et Acaz, qui refuse de mettre le Seigneur à l’épreuve ? La différence est que l’humilité de l’une est vraie et celle de l’autre est fausse. Car Marie dit oui à la volonté de Dieu, jusqu’au plus profond de son être, de ses entrailles, comme dit le psaume. Par contre, l’humilité d’Acaz est feinte. Il refuse de demander un signe au Seigneur non par humilité mais bien parce qu’il ne veut surtout pas que le Seigneur vienne contrecarrer ses plans !

Je pense que si le prophète Isaïe avait demandé à Acaz d’énormes sacrifices pour le Seigneur, mais qui l’assuraient de pouvoir réaliser ses projets à lui, il l’aurait fait. Toutefois, comme la lettre aux Hébreux le fait dire au Christ : « Tu n’as voulu ni accepté les sacrifices et les offrandes… Me voici, je suis venu pour faire ta volonté. »

 Voilà la question qui nous est posée ce soir : suis-je vraiment prêt et suffisamment humble pour accueillir la volonté de Dieu dans ton mon être, jusque dans mes entrailles, comme Marie ? Ou, derrière les apparences et la façade de bon jeune catho, je cherche surtout à suivre mes projets ?

 Très concrètement, suis-je prêt à dire oui à ma vocation, à l’appel de Dieu ? Même si cela me fait flipper ou que je ne comprends pas tout immédiatement ? Suis-je prêt à penser mon orientation professionnelle, mes hobbies, mes occupations, en fonction de l’Evangile ? Suis-je vraiment prêt à accueillir le Christ dans ma vie, toute ma vie, jusqu’aux profondeurs de mon être ? Et à le laisser être mon guide ?

 Pas facile… Car il s’agit d’une conversion de toute une vie !

 Cela demande de passer :

 1. D’une foi superficielle à une foi ancrée dans tout mon être, du sacrifice au oui de Jésus et de Marie, de la générosité à la disponibilité à l’appel de Dieu ;

 2. D’une espérance dans les biens et la gloire de ce monde (succès, estime des autres, refus des critiques etc.) à une espérance fondée sur la Croix, dans l’abandon ;

 3. D’une charité intéressée (être aimé et estimé des autres, du donnant-donnant) à une vraie charité de toute sa personne.

Voilà la grâce à demander en ce temps de Pâques : que mon oui soit oui ! Comme Jésus et Marie et cela grâce de l’abandon entre les mains du Père. J’y accueillerai la joie de Marie (son Magnificat) et la joie du Christ ressuscité !

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